Estefanía Peñafiel Loaiza

1978, Quito (Equateur)

Estefania Peñafiel Loaiza est une artiste équatorienne diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2007. Depuis ses débuts, elle consacre son œuvre à une “archéologie de l’effacement”1 qui explore comment certaines présences sont marginalisées et oubliées de nos représentations collectives. Son œuvre Sans titre (Figurants), réalisée entre 2009 et 2014 à partir d’archives de journaux, marque le début d’une recherche sur la place de l’invisible et des voix effacées dans l’histoire des images. Avec Un air d’accueil, elle poursuit son exploration des questions relatives à l’identité, à la mémoire et au territoire.

Entre 2013 et 2015, Estefania Peñafiel Loaiza  réalise un travail d’enquête en récoltant sur internet des vidéos mises en ligne par des milices civiles qui ont caché des caméras automatiques à la frontière de pays tels que le Mexique et les États-Unis ou bien entre la Palestine et Israël. Ces caméras de surveillance remplissent une fonction précise : traquer les migrant·es qui tentent de traverser la frontière. À partir de ces vidéos, l’artiste produit une série de 20 photographies. En privilégiant une pose longue lorsqu’elle photographie l’écran, l’artiste parvient à faire disparaître les personnes initialement visibles dans la vidéo. Ce procédé permet à l’artiste de préserver l’anonymat des individus filmés par les caméras.

Estefania Peñafiel Loaiza attire le regard du spectateur sur les enjeux migratoires et les dispositifs d’accueil des migrant·es au cœur des discours médiatiques et politiques discriminants. Leurs présences sont rendues ici fantomatiques et absentes. Par la fragmentation des paysages et l’usage de la pose longue, Un air d’accueil donne ainsi à voir des territoires instables, où ni l’espace ni les corps ne parviennent à se fixer dans l’image.

En révélant le paradoxe d’être sans cesse observés, mais jamais réellement vus, Estefania Peñafiel Loaiza renouvelle cette visibilité forcée en un espace d’invisibilité choisi et porteur de dignité. Ainsi, ces différents paysages nous invitent à repenser la façon dont nous regardons le monde et celles·eux qui en sont effacé·es, jusqu’à faire de la frontière un espace de réflexion plutôt qu’une ligne de séparation.

Elise Tassetti, 2026 – Notice rédigée dans le cadre de l’exposition Parfois revenir en arrière et avancer se confondent

1Isabelle Giovacchini, “Estefanía Peñafiel Loaiza : Archéologie de l’effacement” Arts Magazine, mai 2014.

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